Le  terril

A l'origine, dans les années 30, la Compagnie Minière de Douchy, outre son puits d'extraction de houille à la fosse Mathieu de Lourches, possédait également une unité de production de coke dans cette même ville. Dans le processus final de fabrication du produit, un lavage était nécessaire. Cette opération générait des stériles, impossible à stocker sur place. Il fallait donc trouver un emplacement. La Compagnie Minière de Douchy en trouva un, à la périphérie de notre commune.
Voilà comment est né le terril en 1937.
Situé physiquement sur la commune de Bouchain, on avait coutume de l'appeler le terril de Roeulx.
Ce terril n'est pas un terril comme les autres. A l'inverse de ceux qui font partie de notre patrimoine historique, (330 au plus fort de l'exploitation du charbon) et ceux proches de nous, Audiffret et Renard, constitués de schistes rouges ou noirs bien solidifiés, le terril de Roeulx ne présente pas de roches friables : il est composé de fines de charbon et de stériles.
Pour évacuer ces résidus industriels, la Société Disti Coke construisit à l'époque, un transporteur aérien.
Elle érigea un pylône de plus de 100 mètres de hauteur, au centre de ce qui allait être le futur terril. Des câbles furent installés, reliant l'extrémité supérieure du pylône, à l'unité de production, distante d'environ 500 mètres.
Un peu comme le téléphérique qui amène les skieurs au sommet des pistes, on pouvait voir dans le ciel une noria de berlines monter vers le pylône. Arrivées à l'extrémité de celui-ci, un ingénieux système permettait d'ouvrir automatiquement le volet latéral de la benne qui libérait ainsi son contenu. Une fois vidées, les bennes redescendaient vers Lourches.
Le terril prit lentement la forme conique que l'on peut voir sur la photo ci-dessous.
Le transfert des matières résiduelles cessa dans les années 60. Longtemps laissé en l'état, c'est seulement dans les années 80, que la société Terril SA, confia à l'entreprise Gagnereau, l'exploitation du terril. Le travail consistait à récupérer le charbon qui se trouvait encore dans cette énorme montagne, afin d'alimenter la centrale thermique d'Hornaing.
L'exploitation cessa vers la fin des années 90. L'entreprise Gagnerau stabilisa et remodela tant bien que mal les milliers de tonnes de stériles ainsi retraités, vestiges de l'activité minière. Etant donné la friabilité du matériau, des ravinements se créèrent, malgré les plantations censées stabiliser le sol. L'aménagement ne fut pas une réussite.
Trop excentré, le terril n'intéressait pas la ville de Bouchain, alors, la commune décida de l'acheter en 1998 pour le franc symbolique.
La Région, par l'intermédiaire de l'Etablissement Public Foncier, entreprit une nouvelle réhabilitation du site en espace naturel.
L'aspect qu'on lui connaît aujourd'hui, est maintenant définitif.
Le terril de Roeulx est maintenant devenu une véritable zone de promenade. Il deviendra peut-être un jour une base de loisirs. 
Certes il faudra attendre encore de nombreuses années pour qu'il retrouve sa faune et sa flore, mais c'est une question de temps : Dame Nature reprend toujours le dessus...
En attendant le retour à cet équilibre écologique, je vous conseille fortement de parcourir les pentes douces du terril.
Arrivés sur son dôme, vous pourrez contempler notre commune "tout ein haut de ch'terril".

Au titre des Espaces Naturel et sensibles, le Département a acquis en 2013 ce terril.

 C. HOMBERT -  mars 2003

Informations pratiques : son accès s'effectue par trois entrées :
     - par le chemin des Près (parallèle à la voie ferrée SNCF) ;
     - par le chemin des Rosières (qui mène à la station d'épuration) ;
     - par la rue Gilbert Cotte (en bout de rue)

Retour au Sommaire






 

 

 

Voir en cliquant sur ce lien la galerie de photos